Origines

Dans la tradition indienne, les écritures brahmaniques furent, à  partir des Védas, les dépositaires d’une grande partie du « Savoir Initiatique », recueilli par les premiers voyants « Rishis », puis transmis de bouche à oreille, de maître à disciples depuis l’aube des temps.

Il est dit qu’à chacun des quatre âges de l’humanité (de l’âge d’or -satya yuga- à l’age du fer – kali yuga-) correspond un enseignement initiatique spécifique aux conditions de vie de l’homme dans cet âge. Ces écritures sacrées où s’enracinent toutes les formes de spiritualité indienne contiennent entre autres :

  • Sruti : la révélation védique originelle ( des Védas aux Upanishads),
  • Les Agamas ou Tantra Shâstras : la réadaptation de la tradition aux conditions de l’âge des conflits (Kali Yuga).
  • Les Védas seraient, dans cette optique, des textes faisant autorité pour le Satya Yuga (ou âge d’or), et les Agamas ou Tantras, pour le Kali Yuga, notre époque actuelle.

Ces textes représentent une admirable synthèse qui considère l’homme non seulement au point de vue anatomique, mais aussi du point de vue physiologique, pathologique, moral, social, psychique et spirituel.

Les Tantras nous expliquent comment ces divers aspects sont liés. Ce qu’ils proposent, c’est une psychophysiologie expérimentale qui donne à l’homme les moyens de se libérer des conditionnements et limites de son être individuel pour réintégrer l’être Universel, tout en restant dans le monde et en jouissant du monde.

La voie qu’ils proposent fait partie des voies de l’acceptation (par l’intégration dans ses objectifs de tous les aspects de la vie humaine) qui se distingue des voies du renoncement (qui proposent à l’adepte de se couper du monde « vulgaire » pour favoriser l’élévation intérieure ; voies où l’on trouve les idéaux de vie monastique, de chasteté, pauvreté et obéissance).

La voie du Tantra au contraire nous incite à voir le divin en toute chose et de célébrer la vie dans tous ses aspects.

On retrouve cette attitude : dans l’islam avec le soufisme dans le bouddhisme avec le zen, dans le judaïsme avec le hassidisme et la kabbale, dans la spiritualité chinoise avec le taoïsme, dans le christianisme avec la gnose chrétienne et la tradition alchimique qui elle même remonte à la tradition égyptienne directement liée elle aussi à la tradition primordiale.